Visite de l’église

« A Dieu très bon et très grand et dédiée à Saints Joseph et Anne, pour la descendance souhaitée par les Seigneurs catholiques à Charles II, roi d’Espagne et des Indes, Prince de Belgique, François Antoine Agurto, marquis de Castanaga, gouverneur, a offert cette chapelle et a posé la pierre de fondation avec des voeux éternels. »

l’église Saint-Joseph à Waterloo

La Chapelle Royale est la partie la plus ancienne de l’édifice; elle est construite en forme de dôme. Elle fut bénie le 19 février 1690 par le vicaire général de l’archevêché, en présence du gouverneur général le marquis de Castanaga (la Belgique appartenait alors à l’Espagne); celui-ci l’avait fait bâtir dans l’espoir que le roi Charles aurait un héritier.
Ce que nous apprend une inscription latine qui se lit encore au fronton du « Pronaos » (porche) entre deux grands lions de pierre, et dont la traduction figure au côté de la plus ancienne photo de l’édifice, ci-dessus.

La Chapelle Royale a été restaurée en 1844, puis en 1968. dome
Elle est couronnée par une coupole dont les quatre renflements reproduisent la forme de quatre feuilles. L’éclairage se fait par six œils-de-bœuf et par une lanterne cylindrique à huit fenêtres. Les parois latérales sont ornées chacune d’un bas-relief placé au milieu d’un portail simulé. Celui de droite, œuvre de Wiener, est en bronze. Il représente la Victoire tenant une branche de laurier de la main droite et une couronne de la main gauche. Celui de gauche, qui a été sculpté en marbre blanc par Geefs, nous offre les armes de la Grande-Bretagne.

Sous le premier de ces bas-reliefs, on lit en latin :

Sous les auspices du très illustre prince Frédéric de Nassau, en souvenir perpétuel de l’insigne victoire remportée le 18 juin 1815 à Waterloo, ce monument fut érigé, aux frais et par les soins de compagnons.

Sous le second, on voit les lignes suivantes en anglais :

À la mémoire de tous les officiers, sous-officiers et soldats anglais qui moururent à la bataille, les 16, 17 et 18 juin 1815. Cette pierre fut érigée par quelques frères d’armes et compatriotes. A. D.1858. La gloire couronne d’un même noble diadème l’humble et le grand.

Placées à l’origine dans la Chapelle Royale par 138 familles belges, hollandaises et anglaises endeuillées, les plaques funéraires sont aujourd’hui apposées sur les murs du fond de l’église. Elles évoquent quelques pages éclatantes d’actions militaires.

 

inter-egliseAu début du 19ème siècle la Chapelle Royale devient trop exiguë pour la population de Waterloo, qui ne cesse de s’accroître. Elle est en outre en piteux état. Des travaux d’agrandissement permettent d’inaugurer un nouvel édifice en 1824. Cette même année, on entame la construction du presbytère (situé à droite de l’église, actuellement la Maison du Tourisme de Waterloo).
En 1855, Madame Mouchet et le curé Philippe Ulens posent la première pierre de la nef de l’église actuelle, dont les plans sont dus à l’architecte Emile Coulon. Deux ans plus tard, on y ajouta un chœur et une tour, d’après les dessins de l’architecte Dumont. Il faudra attendre l’année 1899 pour voir la tour coiffée d’une flèche.

La chaire de vérité : chaire_verite
probablement due à l’anversois Van Hoof, en chêne massif, de style baroque.
Les quatre panneaux de la cuve représentent le Sermon sur la montagne, la pêche miraculeuse, la Samaritaine et Jésus accueillant les enfants. Sous la cuve, Jésus avec Marthe et Marie.
À l’origine placée à droite de l’église, elle fut déplacée en 1866, à l’endroit qu’elle occupe maintenant. Elle provient de l’abbaye cistercienne d’Aywiers.

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Les anciens bancs de communion sont l’oeuvre des frères Goyers et restaurés par Van Hool, de style néo-baroque, ils proviennent également de l’abbaye cistercienne d’Aywiers. Ils sont aujourd’hui scindés en plusieurs éléments.
La partie centrale, représentant la Cène, a été enchâssée dans l’autel en bois placé dans la chapelle latérale droite. Le reste a été réparti d’une part en bordure du choeur, d’autre part à l’entrée de l’église.

Les stalles du chœur sont réalisées en chêne. Elles ont été rachetées à la cathédrale Saint Rombaut de Malines en 1863.
 stalles

tableauDescente de croix, façon Rubens, peut-être due également au pinceau de Dumesnil. Le chemin de croix se compose de 14 tableaux peints en 1848 par le malinois J.-B. De Coninck.

Au dessus de l’ancien maître-autel, un tableau représente l’Assomption de la Vierge Marie. Il s’agit d’une copie de la célèbre toile de Murillo, peinte en 1860 par Fanny Coore, épouse de Willem Geefs, qui réalisa à la même époque un des deux bas-reliefs de la Chapelle Royale.
La toile placée à la chapelle latérale droite représente la Guérison de « l’hémoroïsse », peinte en 1772 par Frédéric Dumesnil. Elle proviendrait également de l’abbaye d’Aywiers.

vitrail

Les six vitraux ont été réalisés à la fin du 19ème siècle.
Les quatre vitraux du choeur :
ils représentent Saint Joseph, Saint Jacques, la Vierge Marie et Saint Philippe.

Les deux autres vitraux ont été placés en 1918,
en action de grâces pour la libération de la Belgique.

autelÀ l’initiative du Curé, le Père Hubert Pirlot, une nouvelle avancée en marbre a été réalisée dans la nef en 2002, selon le projet de l’architecte Jean Cosse, dans le but de favoriser la participation à la liturgie en rapprochant le prêtre et l’assemblée.

L’autel en marbre blanc est constitué de quatre prismes carrés verticaux, assemblés à la face supérieure par une croix dorée. Le chiffre 4 suggère les éléments fondamentaux (la terre, l’eau, l’air et le feu) ici rassemblés par la croix du Christ. Cet autel a été dessiné par Florence Cosse et consacré par le Cardinal Danneels le 26 janvier 2003.