L’évangile médité jour après jour

Méditation du lundi 14 (Mt 21,23-27) décembre 2020

Dans les milieux juifs, si quelqu’un parlait disposait de pouvoir et d’autorité, on lui demandait la preuve de sa proclamation. Appartenait-il à la tribu sacerdotale de Lévi ? Sa revendication avait-elle le soutien de la tradition des ancêtres ? Pourrait-il prouver sa prétention par l’intervention directe de Dieu – un miracle ? Dans le cas de Jésus, celui-ci a toujours mis sa revendication dans cette dernière catégorie. Nous lisons que Jésus parlait dans le Temple et agissait avec autorité. Il était un défi pour les chefs religieux et ils l’interrogeaient pour ce qu’il avait dit et fait. Il leur a répondu en posant une question sur Jean-Baptiste. Cela leur demandait de regarder au-delà des apparences et des particularités de leurs dispositions intérieures ; c’est là qu’une conversion s’imposait. ET nous, de qui tenons-nous notre autorité comme chrétien ? Pouvons-nous facilement dire que nous agissons et parlons avec l’autorité qui nous vient de Dieu ?

 

Méditation du mardi 15 (Mt 21,28-32) décembre 2020

L’Evangile de ce jour nous rappelle quelque chose que nous oublions souvent :les mots peuvent ne pas avoir de sens. Les promesses sont vides (vaines) quand elles ne sont pas suivies d’actes. Le premier fils est arrogant, mais ses actes montrent qu’il est bon. Le second, d’après ses paroles est coopérant, mais il ne tient pas sa promesse. Eh bien, qui suis-je? Le mielleux fils à papa, peu fiable, ou le gars qui, même en bougonnant, fait le travail ? Suis-je comme les chefs religieux de l’époque de Jésus, qui parlent bien, mais agissent médiocrement ? Ou suis-je comme les ces pécheurs qui après s’être méconduits par le péché, ont reconnu en Jésus leur sauveur et se sont convertis, reconnaissant leur profond besoin de Dieu ?

 

Méditation du mercredi 16 (Lc 7,18-23) décembre 2020

Jean a été jeté en prison. Alors qu’il languit en ce lieu (l’huile de sa lampe vacille), il se demande s’il a bien compris ? A-t-il travaillé inutilement dans son ministère ? Jésus est-il bien celui qu’il croyait ? C’est un sentiment qui nous habite parfois dans nos vies et nos pastorales : le doute face aux difficultés, aux échecs, aux désillusions apparentes. On se met alors à se demander si l’on n’a pas fait le mauvais choix ; si l’on ne s’est pas engagé inutilement pour telle ou telle chose ? Seigneur, je peux m’identifier à Jean. Moi aussi je trouve que la mèche de ma lampe peut vaciller et crépiter quand les choses ne vont pas comme je veux. En ce jour de l’Avent, Seigneur, remplis ma lampe intérieure et fais-moi marcher dans la foi et la confiance.

 

Méditation du jeudi 17 (Mt 1,1-17) décembre 2020

La venue de Jésus s’inscrit dans l’histoire, dans celle d’un peuple dont sont cités les personnages. Là-dedans, on trouve des saints et des pécheurs, des gens honnêtes et des gens corrompus, des femmes et des hommes, des étrangers et des autochtones, des rois et des gens simples, des patriarches et des matriarches. Ces gens divers appartiennent aussi à diverses époques. Par cette généalogie, l’évangile veut souligner l’universalisme du plan de Dieu qui reflète aussi ses choix bienveillants. Dieu a pu œuvrer à travers toutes sortes de personnes. Cela nous rappelle que Jésus était pleinement inséré dans l’histoire humaine avec ses dons et ses défauts. C’est une méditation sur le miracle de croissance lente de la providence de Dieu – des graines semées qui viendraient un jour à maturité. Nous aussi, nous pouvons toujours faire une méditation parallèle sur les jalons de l’histoire du salut qui se produisent dans notre propre vie. Seigneur, aide-moi à accepter mes dons et mes limites et puisses-tu accomplir ton œuvre à travers eux ?

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Méditation du vendredi 18 (Mt 1,18-24) décembre 2020

Notre salut dépend de l’obéissance de Marie à la volonté de Dieu. Cela dépend aussi de Joseph. Saint Joseph a joué un rôle très important dans la naissance du Christ. Notre propre obéissance est très importante aussi. Le rôle de Joseph, dans la discrétion, l’humilité, l’effacement ne fut pour autant moins efficace dans la réalisation du salut de Dieu pour l’humanité. Notre utilité pour le plan de Dieu ne dépend pas de la solennité de notre réponse ni de l’éclat de nos actions. Joseph nous montre l’exemple d’une obéissance à Dieu sans tambours ni décors fastes, à une époque où la télévision et les réseaux sociaux célèbrent et publient presque tout ce qui relève de l’héroïque.

 

Méditation du samedi 19 (Lc 1,5-25) décembre 2020

Entre aujourd’hui et Noël, la liturgie présente trois femmes de l’Ancien Testament qui ont conçu contre toute attente : Elisabeth, mère de Jean-Baptiste, la mère de Samson dont le nom n’est pas connu et Hannah, mère de Samuel. Elles nous rappellent que Dieu est le maître de l’histoire humaine et que, dans sa miséricorde, il intervient en faveur des faibles et des méprisés. La « femme stérile » apparaît fréquemment dans la Bible. Zacharie et Élisabeth étaient des Juifs ordinaires vivant selon la Loi, ils ne s’attendaient sûrement pas à ce que ces choses étonnantes leur arrivent. Dans nos vies, les événements sont généralement moins spectaculaires, mais ils font tout autant partie du plan de Dieu.

 

Méditation du dimanche 20 (Lc 1,26-38) décembre 2020

Le récit de l’Annonciation nous déporte dans un village sans importance de Nazareth où Marie, une jeune fille sans statut social particulier, reçoit la visite de l’ange qui lui annonce le projet de Dieu pour elle ; elle est remarquée, appelée, choisie et remplie de l’Esprit de Dieu. Marie est dans une situation très difficile socialement, culturellement, religieusement et personnellement. Marie est remarquable par son authenticité absolue. Avant de donner son consentement, elle réagit à l’incroyable nouvelle qu’elle portera le Messie en posant calmement une question. Alors qu’elle accepte sa formidable mission, il n’y a aucune trace de fausse humilité dans sa réponse. Le message de l’ange est une bénédiction pour Marie. En réalité, c’est une bénédiction déguisée. Elle doit s’appuyer en toute confiance sur cet élan intérieur de son cœur et elle le fait. Dans notre vie, il y a également des moments décisifs où nous pouvons sentir un certain appel à faire face à quelque chose de difficile plutôt que de l’écarter. Un je-ne-sais-quoi qui détruit notre rêve, pour nous-mêmes ou pour nos proches. Nous devons alors discerner les esprits. « Sois sans crainte » ; ces mots sont pour nous aussi, car quelques fois, beaucoup de choses pourraient nous effrayer, qui demandent que nous prenions une décision qui va bouleverser toute notre vie.