Marie : un ‘oui’ bouleversé/ant

Mercredi, 25 mars 2020.
Celle que nous fêtons aujourd’hui s’est retrouvée  —  comme tant de femmes aujourd’hui  —  face a des situations humainement sans issue. Marie, dès ses 14 – 15 ans, y a répondu par la confiance. Son consentement donné à l’ange Gabriel la fait devenir une maman qui croit contre toute vraisemblance, qui espère contre toute espéran­ce. Que dira son mari, Joseph ? Comment lui en parler ? Que sera cet enfant ? Elle laisse­ra même à son Dieu le soin d’éclairer Joseph. Puis, dans une extrême pauvreté, elle enfantera l’enfant du Miracle.

Un peu plus tard, elle entendra cette deuxième annonciation qu’est la prophétie du vieillard Siméon : « Cet enfant sera un signe en butte à la contradiction et toi-même un glaive te transpercera le cœur » (Luc 2, 35). Marie connaîtra la fuite devant ceux qui veulent tuer Jésus. Elle connaîtra la douleur du massacre des Inno­cents. Et assistera à la fin prématurée d’un destin si prometteur, débout, au pied de sa croix… Elle a tenu dans ses bras son enfant qui venait de mourir, son corps cou­vert de sang et des cicatrices de la méchanceté des humains.  Elle a connu ce moment où il n’y a plus d’espérance à vues humaines.

Les apôtres ont fui. Ils n’attendaient plus rien. Leur existence n’a plus de sens. Apparemment, c’est l’échec, l’échec total. Nous, nous savons que l’aurore de Pâ­ques est toute proche, que la jeu­ne Eglise va sortir vivante du cœur transpercé de Jésus. Marie, elle, prie et soutient l’espérance des apôtres enfermés dans la Chambre haute avant la Pentecôte. La Pentecôte : ce Jour où des langue de feu ouvriront portes, fenêtres et coeurs sur un monde nouveau… « Le monde ancien est passé, voici qu’une réalité nouvelle est là ! » (2 Corinthiens 5,17)

Donne-nous, Marie, d’ouvrir notre cœur aux projets du Père, qui toujours accompagne nos pro­jets humains bouleversés, comme il a boule­versé ta vie.
Donne-nous, Marie, d’accueil­lir l’inquiétude et parfois l’an­goisse de (grands)parents, de trouver les paroles qui apaisent et les gestes qui soutiennent.

                                                                                                                             P. Albert