Carême et jeûne : pas si ringard que ça…

careme jeuneDurant le temps du carême, nous sommes appelés à suivre Jésus au désert. Pendant 40 jours il veut et va y mener un combat spirituel dont il sortira vainqueur. A sa suite, ses disciples ne cherchent pas à rivaliser d’efforts par leurs propres forces humaines mais ils veulent laisser le Christ les habiter pour se laisser guider, eux aussi, par l’Esprit de Vie.

Par sa nature même le carême est relié au jeûne, hier comme aujourd’hui, même si les chrétiens d’Occident ont perdu le sens du jeûne qu’ils rattachent au passé. Erreur ! Car en réalité, le comportement alimentaire de l’homme ne dépend pas seulement des besoins physiologiques mais appartient au registre de l’affection et du désir.

Le jeûne nous permet de mieux connaître ce qui nous habite. Quels sont nos désirs les plus profonds ? Pour les chrétiens des premiers siècles, c’était précisément la pratique du renoncement au superflu et du partage qui faisait la différence avec les païens. Ils avaient conscience que la solidarité avec les pauvres permet d’accéder à une authentique révélation de et sur Dieu.

Durant le temps du carême, nous sommes invités à nous donner des moyens concrets, dans la prière, la vie sacramentelle, le jeûne et le partage des biens pour nous aider à discerner les vraies priorités de notre vie. Le temps du carême est un temps autre qui incite à une mise à l’écart pour faire silence et être ainsi plus réceptif à la Parole de Dieu. Parole écoutée dans une assemblée ou « en live » dans une rencontre interpellante imprévue.

Le jeûne est, certes, un geste de privation et un geste de partage. Mais le jeûne nous permet également de percevoir notre véritable faim. Au delà de la nourriture, nous avons besoin de la Parole de Dieu. Et aussi de mieux nous connaître…